Il peut s'agir d'un ourson au regard tendre, d'une petite poule rose rebondie ou tout simplement d'une couverture un peu usée. Et pourtant, il s'agit d'un membre éminent de la famille.

Il a un petit nom, et lorsqu'il disparaît, c'est la panique à bord. Le doudou, au-delà de l'affection que lui porte l'enfant, a un rôle essentiel dans son développement.

Trois questions à Aurore Jesset , psychologue-psychanalyste dans l’Essone.

Pourquoi qualifie t-on parfois les doudous d’objets transitionnels ?

C'est le pédiatre et psychanalyste anglais Winnicott qui a introduit le concept "d'objet transitionnel". Il peut prendre différentes formes, celle d'un objet, d'une peluche, d'un animal ou même, pour les plus grands, celle d’une activité.

Ils représentent “l’aire transitionnelle” dans laquelle l'enfant va s'investir pour ajuster sa réalité psychique à la réalité extérieure et l’inverse.

Le doudou est-il un passage obligé dans le développement de l'enfant ?

 

Bien sûr, le premier doudou, c'est les parents. Puis le monde du tout-petit s'ouvre lorsqu'il commence à pouvoir manipuler des objets. Lorsqu'il traverse des angoisses de perte et de séparation, le doudou ou son substitut devient une nécessité psychique. .

Il devient un médiateur entre l'enfant et son entourage, qui le rassure et lui permet de prendre son autonomie.

Peut-on se passer de doudou ? Peut-on les y pousser ?

Tous les enfants ont besoin pour grandir de cette “aire transitionnelle”. Divers centres d’intérêts peuvent prendre cette fonction - l’école, le jeu, la peluche... - pour ”digérer” le monde extérieur.

Avec le dessin par exemple, l'enfant transforme la réalité pour la rendre supportable, tout comme il peut le faire avec un doudou, en rejouant des scènes du quotidien. Le choix de cet “objet” dépend énormément de la personnalité de l'enfant, de l'histoire familiale... Les parents peuvent donc guider ce processus mais pas le contrôler.