Les rituels autour de la naissance !

Quand un enfant vient au monde, cela relève toujours pour ses parents et ses proches d'un petit miracle. C'est dire si les rituels traditionnels et religieux accordent un sort à part à un tel évènement. Lise Bartoli, psychologue clinicienne et hypno-thérapeute s'est penchée sur les coutumes de l'enfantement propres à une centaine d'ethnies sur les cinq continents et en a fait un livre, Venir au monde, paru aux éditions Payot. Pour Natalys, elle a accepté de revenir sur les rituels marquants qui accompagnent l'arrivée d'un bébé.

 

Quels sont les premiers rituels pour porter chance au nouveau-né ?
Dans votre livre, on découvre de nombreux rituels de naissance destinés à porter chance au nourrisson.
Les retrouve-t-on aux quatre coins du monde ?


Tout à fait. La première toilette du bébé est souvent très importante et porteuse de vertus. En Afrique, pour porter bonheur au bébé, on met dans son eau du silex, des pétales de roses et un peu d'argent....

Au Viêt-Nam, c'est plus tard, mais dans le même esprit, qu'on présente à l'enfant sur un plateau, différents objets symboliques aux valeurs positives : si l'enfant attrape le stylo, par exemple, c'est qu'il sera intelligent, ...

En Afrique, on coupe les cheveux du bébé au huitième jour pour éviter qu'il ne tombe malade. Chez les Musulmans, on estime que les premiers mots entendus par l'enfant doivent provenir des versets du Coran : c'est le père de l'enfant qui doit vite les lui murmurer à l'oreille pour le placer sous la protection divine.

Au Moyen-Orient, on pose aussi un trait de khôl autour des yeux des nouveau-nés, non pas simplement pour faire joli, mais pour lutter contre le mauvais-œil. A ce propos, dans certaines régions d'Afrique, gardez-vous bien de dire à une jeune maman que son bébé est joli : elle le prendrait très mal car cela risque de porter malheur !

 

Y a-t-il un chiffre, une durée, qui revient dans les rituels ?


Beaucoup de cultures accordent un caractère magique à la durée de quarante jours qui symbolise le temps de l'attente et de la transformation.

Ainsi dans de nombreuses traditions asiatiques ou africaines, il faut attendre 40 jours avant de débuter les célébrations liées à l'arrivée d'un bébé, le temps que ce petit être venu d'ailleurs, pas tout à fait fini, échappe aux premiers risques mortels et rejoigne la communauté des hommes.

 

Existe-t-il des façons particulières de se représenter ce bébé qui arrive ?


De nombreuses cultures considèrent que le nouveau-né, venant d'un ailleurs mystérieux, «sait des choses». En Afrique, comme en Asie, on estime que cet être est habité par l'énergie d'un ancêtre. Le marabout va essayer de comprendre de qui « il tient ».

Tous les proches se livrent alors au jeu classique des ressemblances pour savoir de quel arrière grand-père ou grand-mère ce bébé a hérité.

On cherche également des pistes ou des signes sur son corps avant de faire des sacrifices d'animaux pour remercier cet ancêtre d'être revenu.

 

Existe-t-il des cérémonies pour le choix du prénom ?


Pour donner un nom à l'enfant et signifier ainsi son appartenance à la communauté on respecte généralement les mêmes délais, allant de huit à quarante jours, que pour procéder au baptême ou aux cérémonies d'accueil de l'enfant.

En Asie, le nom a une telle importance et les critères à prendre en compte pour le choisir sont d'une telle complexité qu'on consulte un astrologue pour en décider.

Il arrive en Afrique, que parmi les divers noms qu'on donne à l'enfant, il en est un que nul ne doit connaître en dehors des parents et du marabout. Ce nom mystérieux est pour l'enfant un gage de puissance.

 

Dans de nombreux pays, on attache une importance particulière au placenta.
Comment cela s'explique t-il ?


Dans beaucoup de traditions autour du monde, le placenta joue un rôle très important. A Bali, on le considère comme le jumeau du bébé. Les parents doivent l'enterrer dans un endroit secret afin de protéger leur petit..

En Afrique, on l'enterre également et un proverbe dit « là où ton placenta est enterré, tu reviendras toujours ». On trouve, en Europe, la trace de ce genre de traditions : une amie bretonne m'a dit avoir enterré il y a une quinzaine d'années aux pieds d'un arbre le placenta de son bébé pour se conformer à un rite familial.

 

Astuce Natalys


Rituels de naissance religieux ou sociaux, cérémonies traditionnelles ou personnelles, toutes ces pratiques n'ont qu'un but : porter bonheur au bébé et célébrer sa naissance. Ce besoin universel d'accueillir les nouveaux-nés, de les valoriser et les protéger rassemble les peuples au-delà de leurs croyances et de leurs coutumes.

Chaque famille, ici et à l'autre bout du monde, a ses propres rituels d'accueil, sa façon à elle de souhaiter la bienvenue à un enfant. Que vous optiez pour une cérémonie traditionnelle, un baptême civil ou une fête de votre invention, l'importance est de célébrer la naissance de votre trésor : les souvenirs de cet évènement constitueront un premier jalon dans la vie de votre enfant.

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